Nouvelles du 19 avril

Bonjour à toutes et à tous,

Ça y est ! Mes 80 arbres à planter “en urgence” sont désormais en terre. J’ai fait face à quelques difficultés que je n’avais pas prévues, et pris le temps de trouver des solutions. Il a fait très beau et chaud dans le Quercy ce dernier mois. L’ardeur des rayons du soleil et les vents du sud qui réchauffent l’air, les cœurs et les corps, ont aussi brûlé les jeunes feuilles des arbres les plus fragiles: 2 fois chez les grenadiers, 1 fois chez la plupart des arbres de moins de 3 ans que j’ai planté. Les arbres plus vieux se portent bien. J’y veille. Quelques uns sont morts mais ce n’est pas grave, ce sont des arbres que je produits et je pourrais les remplacer.

Bien sûr, j’avais commandé 250m de protection (vu les quantités je ne peux pas me fournir dans le magasin de jardinage du coin) mais en plein dans l’affaire du paquebot coincé dans le canal de Suez, l’entreprise m’a contacté pour me dire que leur fournisseur ne leur fournirait pas avant le 26 avril. Je ne sais pas si cela a un rapport. Je pensais alors qu’avant mai, ça irait. Ben non. Cela me servira de leçon, surtout sur les arbres de plein soleil que je vendrai ensuite.

Ci dessous, un de mes néflier du Japon qui a prit un beau coup de soleil. Il devrait survivre.

Je ne savais pas quoi faire, je n’allais pas engager des centaines d’euros pour quelque chose de temporaire alors que les protections que j’avais commandé étaient les seules que j’avais trouvé qui correspondaient à mes besoins. Après des nuits de mauvais sommeil je suis allé faire les poubelles de Cajarc et ai trouvé des cartons pour protéger les arbres les plus fragiles, en attendant. Je les ai bien fixés car il y a du vent et cela devrait tenir jusqu’aux prochaines grosses pluies, j’espère qu’alors j’aurai des nouvelles de mes protections.

Évidemment, les gelées tardives n’ont rien arrangé et ont abîmé les jeunes feuilles des arbres et arbustes méditerranéens qui avaient “débourré” suites aux chaleurs estivales de mars. Mon petit figuier blanc en a eu pour son compte. J’attends de voir.

Aussi, même si l’environnement est très calcaire, les particularités géologiques du petit vallon font que le sol est neutre. J’avais entrepris alors d’y planter un certain nombre de plantes qui poussent habituellement dans des sols légèrement acides à neutres, ce qui en théorie ne  pose pas de problème. Or, mon eau d’arrosage, celle du ruisseau attenant est extrêmement calcaire, je ne l’ai compris que lorsque j’ai observé l’effet de l’arrosage sur mes agrumes, qui ont prit cher, en plus des gelées et du soleil combiné au vents du sud. J’ai donc acheté de la terre de bruyère que j’ai mélangé à la terre après les avoir déterrés puis remis. J’ai déplacé le paillage au détriment des arbres qui supportent le mieux la sécheresse et leur ai donné les meilleurs cartons ^^ . Ils survivent. On verra s’ils s’en remettent. Sinon, pas d’agrumes tant pis (3 mandariniers résistants au froid et 2 citronniers aux mêmes caractéristiques, ainsi que 1 kumquat). Car je n’ai que l’eau du ruisseau pour arroser. Et l’été n’est pas encore là.

Voici l’effet de l’eau calcaire sur les goyaviers du Brésil (Feijoa), qui part ailleurs se portent bien, alors que c’était vraiment un test. L’abondance de soleil a brûlé leurs toutes jeunes feuilles mais c’est l’eau calcaire qui provoque des tâches rouges sur les feuilles développées.

Les plantes sauvages ont aussi eu quelques difficultés,en particulier les frênes mais aussi quelques arbustes réputés résistants comme cet églantier.

Il n’y a pas que des galères, c’est un vrai bonheur de suivre l’évolution des arbres et leur manière de palier aux agressions de l’environnement. Les arbres sortent leurs feuilles très prudemment et les gorgent de caroténoïdes (des pigments rouges, oranges ou jaunes) pour qu’elles résistent à l’ardeur des rayons du soleil. Je peux comparer aux plantes de ma pépinière sur ma terrasse à mi-ombre qui elles, ont sorties et développées leurs feuilles très rapidement, et qui sont bien vertes car contenant moins de caroténoïdes.

Ci dessous mon pêcher “rubira” aux jeunes feuilles écarlates ainsi que le poirier williams.

Certains ont même fait des fleurs malgré leur jeune âge, comme un pêcher de vigne, le pommier domestique, l’abricotier, les chèvrefeuilles du Kamtchatka, les amélanchiers et aussi un Eleagnus, je les ai enlevées pour ne pas entraver leur croissance, à mon sens prioritaire à leur fructification cette première année.

Bonne nouvelle aussi, les insectes abondent dans le jardin botanique et sont témoins de la bonne santé de l’écosystème local. Certains ont même pris l’habitude de ma présence et se jettent sur mon front dès mon arrivée pour avoir leur dose d’eau salée, même quand je ne suis pas en sueur.

Un ami venu m’aider a trouvé une ruchette vide et abandonnée au bord d’un chemin de balade. Il y aura peut être un essaim sauvage qui viendra s’installer, pour avoir une ruche de biodiversité, c’est à dire que je n’exploite pas. Ça me ferait plaisir et ça promettrait beaucoup de fleurs sauvages et bien sûr des fruits.

Du fait de la sécheresse le ruisseau est presque à son niveau d’été, le feuillage des arbres sauvages ne lui donne pas encore son allure enchanteresse, mais ça ne saurait tarder 🙂

Il y a encore beaucoup de boulot, très physique. Je sue sous le cagnard. Il s’agit de boucher les trous dans lesquels je n’ai pas planté (j’y fait des semis directs entre autre de fabacées comme le robinier et le févier, mais aussi 4 variétés de pruniers, entre autres belles plantes). Il faut aussi placer les piquets et le grillage des espaces de pépinière et bouger le tas de terre de la mare pour faire un petit relief, et bien sûr un gros chantier m’attend avec de la bentonite (un argile spécial que je mélangerai à mon argile local) pour étanchéifier la mare.

Malheureusement je n’avance pas aussi vite que je le voudrais. De nombreuses personnes sont venues au jardin pour me rencontrer, je leur en remercie, c’est très flatteur et ça fait plaisir, mais je ne peux pas à la fois travailler vite et bien et faire la discussion.

Aussi je profite de cet espace pour adresser une humble requête: si vous avez quelque chose à me proposer envoyez moi un mail (contact@botaniquepourtous.fr) que je pourrai traiter en matinée ou le soir après le couvre feu; si vous voulez me rencontrer je vous prie de bien vouloir patienter la fin des travaux; et si vous voulez que je vous dise si telle ou telle plante abondante de votre jardin est comestible, alors venez à une de mes sorties botanique !

Les sorties botanique, d’ailleurs, j’ai du les annuler jusqu’à la fin du confinement. C’est extrêmement dommageable car en plus d’un manque de revenus j’avais l’immense fierté de proposer une nouvelle méthode d’apprentissage de la botanique que j’ai construite autour des abondantes et si belles annuelles du printemps. Au prétexte d’une chasse au fleurs, d’un safari photo de collectionneur (comme on collectionnerai les Pokémons, ou les timbres par exemple, ici avec des photos de fleurs) j’avais conçu un programme de découverte des familles et de leurs préférences écologiques. Très important pour qui voudrait envisager la flore dans son ensemble, dans son environnement vivant, dans sa géologie.

Les sorties classiques ont elles aussi été annulées, ce qui très dommage car c’est un des meilleurs moment pour la cueillette sauvage. Ma participation à la fête du ripounchou (le tamier, dont les jeunes pousses ici sont très réputées) a aussi été annulée (comme le reste du festival). Bref, ce nouveau confinement surprise m’a fait mal, et m’empêche de diffuser le savoir à une échelle que je trouve valable. Je croise les doigts pour que le confinement ne dure pas deux mois comme l’an dernier !

A bientôt pour d’autres nouvelles fraîches du jardin botanique 🙂

Et merci encore pour votre fabuleux soutien, sans qui, rien de tout cela n’aurait été possible <3 <3 <3

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Nouvelles du 10 mars

Tout d’abord, désolé du temps que j’ai mis à donner des nouvelles. Le printemps arrive à grand pas et le travail ne manque pas, à la fois au jardin botanique mais aussi dans mes activités d’animation que ce soit pédagogiques dans les structures scolaires ou avec les sorties botaniques publiques et privées.

Au jardin, après avoir fait creuser la mare et 100 trous, j’ai planté en urgence une vingtaine d’arbres fruitiers en “racines nues” (c’est à dire tout nu les racines à l’air, sans pot, et il faut le faire avant la sortie des feuilles), hors comme quelques années déjà le printemps est en avance et les arbres aussi. Pêcher, abricotier, poiriers, pommier, caraganiers, arbres de Judée, Sureau à gros fruits, mûriers, amélanchiers, que j’ai acheté à un collègue pépiniériste local sont déjà à leurs places définitives.

Je viens de recevoir une bonne partie d’autres arbres à planter: kumquat, mandarinier, grenadiers, jujubiers, ragouminier, figuier à fruits blancs. Et encore pas mal d’arbustes et de lianes que je ne nomme pas pour ne pas encombrer le texte. J’attends encore des arbres !

Ci dessous la petite histoire en image:

 

Voici comment était le terrain du futur jardin avant le commencement des travaux

 

Ce n’était pas de la tarte mais j’ai trouvé quelqu’un pour creuser la mare et les trous au prix que j’estimais juste, et il a été très efficace. Il n’aime pas être pris en photo mais le voilà au petit matin, la semaine dernière:

 

Et voilà le résultat, pour l’instant peu esthétique, les voisins qui passent quand je suis en train de planter m’ont dit qu’à priori il avaient pensé à un champ envahi de taupes géantes.

 

Certains arbres “débourrent” déjà comme ici ce cognassier “Champion”, il était donc urgent de le planter.

 

Il me reste encore quelques “racines nues” à planter. Heureusement de variétés au réveil plus tardif.

 

Sinon le ruisseau a repris un cours normal après les inondations de cet hiver et les piscines naturelles qui jouxtent le terrain ont retrouvé leur couleur turquoise.

 

Si vous êtes à proximité, disponibles et intéressés je fais deux chantiers où chacune et chacun sont invités à venir. Il s’agit des dimanches 14 et 28 mars. RDV à 14h sur le terrain dont voici la localisation par rapport au gouffre de Lantouy, venez avec votre pelle si vous en avez une, et si vous avez des questions je suis joignable au 06 28 33 16 13 :

Encore merci pour votre soutien ! Grâce à vous cette belle ambition plurielle prend forme et laisse envisager un beau jardin bientôt fleuri 🙂

 

Jean-Charles